Quelques nouvelles de l’actualité européenne et transatlantique, brièvement présentées et commentées.
Après de nombreux amendements et des débats houleux, le Parlement européen (PE) a adopté, le 14 février, son rapport sur les activités secrètes de la CIA en Europe. Même dans sa version finale édulcorée, du fait des pressions exercées par les gouvernements impliqués, la résolution dénonce 14 pays de l’UE (Italie, Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Autriche, Espagne, Portugal, Irlande, Grèce, Chypre, Danemark, Belgique, Roumanie, Pologne) pour cause de complicité, à des degrés divers, dans le programme de « restitutions extraordinaires » des Etats-Unis (transfert clandestin de détenus vers des pays où ils risquent d’être torturés) et/ou pour manque de coopération dans l’enquête. Le PE considère que les pays européens devraient « renforcer le contrôle et la surveillance des activités des services secrets de pays tiers » sur leur territoire.
Des juges allemands et italiens ont lancé des mandats d’arrêt (Allemagne), voire des inculpations (Italie) contre des agents américains. Fin janvier, l’enquête du parquet de Munich au sujet du rapt, en Macédoine 2003, de l’Allemand d’origine libanaise Khaled el-Masri a abouti à 13 mandats d’arrêt contre des citoyens américains « très probablement » appartenant à la CIA. Le gouvernement allemand a tenu à préciser que l’affaire était du ressort de la justice et non de la politique. Deux semaines plus tard, un juge italien a décidé d’envoyer devant le tribunal de Milan 26 agents de la CIA (et leurs complices des services italiens) poursuivis pour l’enlèvement, il y a quatre ans à Milan, de l’ex-imam égyptien Abou Omar. Malgré un mandat d’arrêt européen délivré fin 2005, la demande d’extradition adressée aux Etats-Unis est toujours sur le bureau du ministre de la Justice. L’ouverture du procès à Milan a été fixée au 8 juin.
En prélude à la crise du gouvernement italien qui a failli finir en février par de nouvelles élections, le feu vert de Romano Prodi à l’agrandissement de la base américaine de Vicence (près de Venise) a divisé mi-janvier sa majorité d’union de la gauche, et provoqué une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes. La décision de doubler la surface de la base pour accueillir 1800 GIs supplémentaires venus d’Allemagne (en plus des 2750 soldats de la 173e brigade aéroportée déjà sur place), fut prise jadis par Silvio Berlusconi. La confirmation du projet par M. Prodi, censée apaiser Washingt
(Hajnalka Vincze, Brèves transatlantiques de janvier-février-mars 2007, La Lettre Sentinel n°45, mars-avril 2007, 5,400 characters)