Bilan 2007 de la politique de sécurité et de défense de l’Union européenne

Défense & Stratégie n°22, janvier 2008

Language of the original publication: French

Le petit tour d’horizon qui suit se propose de résumer les principaux développements de l’année 2007 en matière de Défense européenne. Pour ce faire, deux remarques préliminaires s’imposent. La première est terminologique ; elle concerne la dénomination PESD (politique européenne de sécurité et de défense) utilisée jusqu’à aujourd’hui, y compris dans cet article. Elle deviendra, une fois le nouveau traité ratifié, la PSDC (politique de sécurité et de défense commune). La deuxième remarque consiste à souligner que les développements et les débats au cours de l’année 2007 continuent à graviter autour du concept le plus controversé de la Défense européenne, à savoir le terme « d’autonomie ».[1] Que ce soit dans le domaine institutionnel (lancement du Centre d’opérations de l’UE, longtemps interdit par égard à la primauté supposée de l’OTAN) ou dans celui de l’armement (affirmation de l’exigence de « non-dépendance » pour les technologies clés de défense), en 2007 la PESD poursuivit sa marche timide mais inexorable vers une mise à nu édifiante des divergences fondamentales des Etats membres sur l’essence même de leur aventure.

Opérations et missions

En mars dernier, le Président en exercice du Comité politique et de sécurité[2] de l’UE a noté devant l’Assemblée de l’UEO que les « diverses opérations et missions constituent le point de référence pour évaluer le succès de la PESD ». S’il n’a pas eu tout à fait tort, sa remarque n’en risque pas moins de fausser le tableau. Elle perpétue surtout une conception qui réduirait la Défense européenne à une entreprise expéditionnaire. Certes, les opérations sont la partie la plus visible de la PESC/PESD (une sorte de preuve de l’existence de l’Union comme « acteur global ») qui permet, de surcroît, des retours d’expérience et un processus de socialisation permanent. Mais le volet « opérations » a une autre fonction, plus subtile : il apparaît comme un paravent derrière lequel peuvent s’accomplir, si la volonté y est, de réels progrès dans le sens d’une politique de dé

(Hajnalka Vincze, Bilan 2007 de la politique de sécurité et de défense de l’Union européenne, Défense & Stratégie n°22, janvier 2008, 27,000 characters)