Nouvelle politique européenne de l’Amérique d’Obama : plus ça change… moins ça change ?

La Lettre Sentinel n°50, novembre 2008

Language of the original publication: French

Il y a quatre ans, au moment où pratiquement le monde entier s’est joint au chœur ABBA (Anybody But Bush Again – « n’importe qui sauf Bush à nouveau »), le journal Foreign Policy proposa une petite devinette à ces lecteurs : « Vite : donnez le nom d’un président américain ayant lancé une attaque préemptive contre un pays, ou déclaré une croisade idéologique contre le Mal. Réponse : à peu près tous les présidents de Thomas Jefferson à Bill Clinton. Les politiques menées par George W. Bush sont moins révolutionnaires que ses critiques ou ses partisans voulaient l’admettre. » Ce petit rappel pourrait ne pas être inutile à ceux qui cherchent à croire (ou faire croire) que ces derniers huit ans constituent une aberration, et qu’il suffirait de voir l’équipe du Président Bush disparaître de la scène pour retrouver enfin la « vraie Amérique ».

En réalité, le départ de l’administration Bush ne sera pas, en soi, porteur d’aucun changement notable dans les orientations profondes et les principales caractéristiques de la politique extérieure des USA. Sauf, bien entendu, sur le plan de la présentation, de l’image et de l’habillage. Reste donc l’« Obamania », cet enthousiasme déferlant voulant attribuer à la personne même de l’ex-sénateur de l’Illinois et à son programme des vertus de renouveau et de changement radical. Des vertus qui, a priori, ne s’y trouvent pas. Si le changement de la ligne poursuivie traditionnellement n’est pas à exclure complètement aujourd’hui, ce n’est pas dû au personnage (un pur produit du système), ni à son programme (le reflet parfait des réflexions formatées des milieux de l’establishment washingtonien), mais à ce que l’un et l’autre seraient, à ce moment-là, soumis à d’extrêmement sérieuses contraintes. De toute manière, avec ou sans changement dans d’autres domaines, les relations transatlantiques, elles, suivront leur propre dynamique, dans laquelle toute déviation (sous forme de « retrouvailles » et de « renouveaux ») ne peut être qu’éphémère et superficiel.
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(Hajnalka Vincze, Nouvelle politique européenne de l’Amérique d’Obama : plus ça change… moins ça change ?, La Lettre Sentinel n°50, novembre 2008, 21,000 characters)