Le « retour » de la France dans l OTAN : fausses raisons et vraies conséquences
La Lettre Sentinel n°51, avril 2009
Language of the original publication: French
Saluée (ou vilipendée, c’est selon) comme un « retour au bercail », la réintégration des structures militaires intégrées par la France finira-t-elle par faire exploser l’Alliance ? La question n’est paradoxale que d’apparence. A contre-courant des évolutions géopolitiques, basée sur un argumentaire dont la vacuité se manifestera au grand jour avant même qu’on n’ait commencé à changer les enseignes des bureaux et réimprimé les cartes de visite, cette décision (formellement pas encore prise) est surtout perçue et interprétée de manière diamétralement opposée par les protagonistes. D’où les attentes contradictoires, pour ne pas dire incompatibles, des deux côtés.
A Paris, ce « mouvement vers l’OTAN » est tantôt présenté comme un geste fort et magnanime pour lequel on est en droit de poser des conditions et d’attendre des contreparties, tantôt banalisé comme une simple « normalisation », un exercice quasi mécanique mais qui, curieusement, n’en procurerait pas moins à la France exactement les mêmes bénéfices. En tout état de cause, on espère, par un raisonnement aussi tortueux qu’erroné, d’être « mieux écouté », de faire entendre avec plus de succès la position originale de la France. En somme, d’avoir plus d’influence pour faire valoir des conceptions toujours guidées, dit-on, par le même esprit d’indépendance. Pour Washington et les capitales euro-atlantistes, par contre, l’équation est beaucoup plus claire : la France rentre dans le rang, c’est aussi simple. Fidèle à sa réputation de pro-américain enthousiaste, le Président Sarkozy effectuerait un formidable geste d’alignement suite auquel Paris, jusqu’ici l’enfant terrible de l’Alliance, se coulerait dans le moule otanien, autrement dit se rangerait, lui aussi, derrière les Etats-Unis. D’un côté comme de l’autre, on prend donc ses rêves pour des réalités. Or ces rêves étant inconciliables entre eux, le réveil n’en sera que d’autant plus instructif.
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(Hajnalka Vincze, Le « retour » de la France dans l OTAN : fausses raisons et vraies conséquences, La Lettre Sentinel n°51, avril 2009, 29,400 characters)