Le sommet de Riga de l’OTAN, fin
novembre dernier, fut l’exemple type du non-événement spectaculaire. Frappant
surtout par le contraste entre les attentes aiguisées par la publicité faite à
la rencontre des 26 chefs d’Etats et de gouvernement d’une part, et le bilan
piteux de la réunion de l’autre. Les effets d’annonce prévus pour l’occasion avaient
peu à peu laissé la place à la réalité envahissante que constitue la déplorable
situation des alliés en Afghanistan. Celle-ci n’étant, par ailleurs, que l’un
des (très) nombreux symptômes du malaise grandissant au sein de l’Alliance.
Acrobaties transformationnistes
Le label officiellement attaché
au sommet de Riga est le mot-miracle « transformation ». Il s’agit
d’un concept très à la mode dans les milieux transatlantiques, flou dès le
départ, censé désigner un processus de mutation à la fois militaire et
politique. Utile surtout pour maquiller le fait que l’Organisation, engagée
dans un exercice d’auto-justification depuis le début des années 1990, s’est définitivement
enfermée dans une logique de réforme permanente. Or, sur les trois volets
(capacitaire, géographique, fonctionnel) de cette transformation, l’impasse
devient aujourd’hui de plus en plus visible. La raison en est simple. A force
de vouloir faire ses preuves à tout prix, mais sans toutefois clarifier au
préalable les divergences fondamentales en son sein, l’Alliance s’affaiblit
elle-même.
Car sa véritable transformation
est ailleurs. Comme l’observe le britannique Jolyon Howorth, l’un des meilleurs
connaisseurs des questions de la défense européenne : « à partir d’une
organisation dont le but original était de fournir un engagement américain au
service de la sécurité européenne, [l’OTAN] est en train de se transformer en
une autre, dont le nouveau but est de fournir un engagement européen au service
de la stratégie globale des Etats-Unis ». D’après Victoria Nuland,
ambassadeur des Etats-Unis à l’OTAN (et l’épouse de l’auteur de la fameuse
thèse sur l’Amérique-Mars, l’Europe-Vénus), cette nouvelle OTAN sera « un
animal complètement différent ». Mais tout le monde ne l’entend pas de
cette oreille. Et c’est précisément ce désaccord profond qui réapparaît, avec
un effet paralysant, dans chaque aspect de la « transformation ».
Forces et équipements
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