Après avoir relevé quelques enjeux liés au secteur de
l’armement, un bref rappel historique propose de clarifier le contexte des
débats actuels. On abordera ensuite certaines caractéristiques générales de l’industrie
de défense américaine d’une part, européenne de l’autre. Finalement, des mythes
trompeurs seront décryptés, notamment l’imposture
de l’« écart » technologique, la sainte horreur inspirée par la
notion d’« Europe forteresse » et l’éloge tendancieux de la
« complémentarité ».
Enjeux et rétrospective
Lorsque l’on parle de la production, de l’acquisition et
du commerce d’équipements militaires, on ne parle pas que de quincaillerie ou
de sommes d’argent faramineuses. Il est avant tout question d’un secteur par
excellence stratégique avec toutes les conséquences que cela implique – et avec
toutes les conclusions que l’on devrait en tirer.
Enjeux
stratégiques
D’après un rapport de l’UEO (Union de l’Europe
occidentale) en 2004 : « L’aéronautique, l’espace, la défense
constituent à n’en pas douter une industrie spécifique dont les enjeux relèvent
des intérêts de l’Etat, de telle sorte que la question de la coopération ou de
la compétition est alors tout autant industrielle que géopolitique ». En
effet, les secteurs stratégiques sont ceux qui sont perçus par les Etats comme
étant déterminants pour assurer leur sécurité et leur prospérité, car
présentant un avantage (ou de par leur faiblesse un handicap) décisif dans
leurs rapports de force. Par conséquent, les gouvernements, normalement,
s’activent et prennent des mesures exceptionnelles à leur égard. Que ce soit en
termes de financement, de régulation, de stockage, de sécurité de
l’approvisionnement, ou des moyens variés pour s’assurer un droit de regard
plus ou moins extensif de l’Etat.
Dans le cas de l’armement s’y ajoutent certains éléments
supplémentaires. Vu que le secteur est intimement lié à la défense physique des
citoyens, il met directement en jeu la crédibilité d’
(Hajnalka Vincze, Les questions d’armement sous un éclairage transatlantique, Présentation à l’Université d’été du CIFE-IEHEI, Budapest, 4 septembre 2007, 29,500 characters)
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