Hajnalka VINCZE is a security policy researcher specialized in European and transatlantic issues. Her analyses deal with intra-European and Euro-American power relations, with a particular emphasis on the strategic dimension
and the technological-industrial basis. She takes position in favour
of an autonomous, political Europe. Her commitment to the
preservation and promotion of the European model makes
her a long-time advocate of the core Europe concept.

"We are impassive, as if history would wait, as if we had time on our side to change our mindset, as if we had eternity before us." (Paul-Henri Spaak, 1950)

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La France, l’OTAN et l’Occident – à la marge du rapport Védrine

La Lettre Sentinel n°47, octobre 2007

Language of the original publication: French

Dans son Rapport sur la France et la mondialisation, rédigé à la demande du Président de la République, Hubert Védrine aborde la question de l’OTAN à l’intérieur du chapitre consacré à « L’option atlantiste/occidentaliste ». Fort à propos, l’ex-ministre des Affaires étrangères distingue cette dernière de « la politique normale d’amitié et de coopération avec les Etats-Unis », et la décrit comme « une réorientation en profondeur » qui s’inscrit dans le schéma du choc des civilisations : « Menacés, les Occidentaux devraient se serrer les coudes ». C’est en effet l’un des trois arguments le plus souvent invoqués pour plaider la cause du « retour de la France dans l’OTAN ». Après une démonstration de la vacuité de chacun d’eux, Védrine pose la question de la réciprocité – un des thèmes favoris du Président. Dans ce cas précis, l’équation est simple : en échange de son « retour », la France est en droit d’exiger des contreparties substantielles. Si substantielles, ajoutons-le, que l’on peut s’interroger sur les ressorts (aveuglement/ignorance ou calcul habile ?) du mouvement qui vient d’être amorcé par le gouvernement.

Trois arguments fallacieux pour le « retour dans l’OTAN »

Dans un « débat mené dans la clarté », comme celui que Védrine appelle de ses vœux, aucun des trois arguments en faveur de la « réintégration » n’aurait de chance de s’imposer. Le premier (cohésion occidentale) est purement idéologique, le deuxième (commodité pratique) est insuffisant et délibérément biaisé, le troisième (espoir d’une influence accrue), s’il est sincère, n’est que le reflet d’illusions naïves.

L’Occident en ordre de bataille

Quant à l’appel au rassemblement des Occidentaux sous bannière OTAN/US, Védrine note qu’il « ne peut s'évaluer en avantages/inconvénients puisque c'est un point de principe, presque de doctrine. Il se justifie si la France se pense avant tout comme un pays occidental, avant d'être européen ou original. » D’après la théorie occidentaliste, « au

(Hajnalka Vincze, La France, l’OTAN et l’Occident – à la marge du rapport Védrine, La Lettre Sentinel n°47, octobre 2007, 16,000 characters)

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