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Actualités de la PSDC

14 mai, 2017
Brève
Hajnalka Vincze

La dernière Lettre de la Représentation militaire française auprès de l’UE passe en revue les développements récents de la politique de sécurité et de défense commune de l’Union (PSDC). 

Au premier chef la levée, certes partielle, d’un interdit de presque vingt ans, avec notamment la création d’une sorte de quartier général militaire permanent. Si La Lettre parle d’une « avancée majeure », la prudence reste néanmoins de mise. Certes, la création de cette « structure permanente de planification et de conduite des missions militaires non exécutives de la PSDC » a été approuvée le 6 mars dernier sous le sigle MPCC par les ministres de défense et des Affaires étrangères. Toujours est-il que cette « Capacité » - nommée ainsi à cause des Britanniques qui mettent leur veto à tout ce qui ferait penser à un véritable QG – sera strictement cantonnée à des opérations sans emploi de la force. Autrement dit, à de sympathiques missions de conseil et de formation.

Rendez-vous est pris pour le 1er juin prochain, lorsque la Haute Représentante F. Mogherini présentera devant le Conseil le premier rapport sur la mise en œuvre de la Stratégie globale de l’UE. En principe, le vote du Brexit et l’élection de D. Trump aux Etats-Unis aurait dû ouvrir un véritable boulevard devant la concrétisation de « l’autonomie stratégique » qui en est l’axe principal. Reste à voir ce contexte particulièrement favorable est suffisant, ou pas, pour au moins commencer à surmonter les points de blocage les plus tenaces.

Parlant des opérations extérieures en cours, la Lettre souligne deux directions dans lesquelles évolue, politiquement, la PSDC ces derniers temps : l'approche globale civilo-militaire criée sur tous les toits, et l’exigence discrètement rampante de la « protection » des Européens eux-mêmes. EUCAP Somalie invite donc à une conjugaison plus poussée des moyens civils et militaires. EUTM RCA, en République centrafricaine, a surtout mis en évidence l’utilité de la force multinationale Eurocorps, qui devrait, dixit la Lettre, prendre une « part active dans les efforts employés par l’UE pour protéger sa population ».

Deux domaines capacitaires sont mis en exergue, les drones (ou systèmes aériens pilotés à distance, connu sous l’acronyme anglais RPAS) et la défense cyber.

Pour ce qui est du cyber, la dualité civilo-militaire qui la caractérise la place « au cœur des préoccupations de défense de l’Europe ». Néanmoins, malgré l’adoption d’une Stratégie de cybersécurité en 2013, d’une Politique-cadre de cyberdéfense de l'UE en 2014, des activités de l’Agence européenne de défense, et en dépit de la finalisation du Concept militaire en matière de cyberdéfense en novembre dernier, la question des rôles, des compétences, et des financements reste, comme le confirme la Lettre, toujours largement ouverte. Ceci alors même que la coopération avec l’OTAN dans ce domaine s’est intensifiée depuis le sommet de Varsovie de l’Alliance atlantique en juillet 2016.

Concernant les drones (ou RPAS), la Lettre rappelle que les quatre pays, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, participants à un programme européen MALE (Medium Altitude Long Endurance) ont décerné le contrat de l’étude de définition à Airbus, Dassault et Leonardo en août dernier. L’EURO MALE « sera un système aérien piloté à distance pour les missions de renseignement, de surveillance, de ciblage et de reconnaissance », et aura, d’après la Lettre, une double plus-value face à ses concurrents. « Outre la dimension d’autonomie stratégique », l’autre « objectif clé du programme est l’intégration du drone dans le trafic aérien et la certification ». En effet, une européanisation complète de la charge utile des drones américains est impossible (elle impliquerait un accès aux codes sources), et ceux-ci ne sont autorisés à voler que sur les théâtres extérieurs ou en espace ségrégué au-dessus du territoire européen, en perturbant ainsi le fonctionnement du système civil. Le marché européen étant estimé à quelque 3000 appareils militaires de toute sorte d’ici 30 ans, et ces systèmes complexes servant de fondement à la recherche et développement pour les drones civils qui sont à la veille d’une croissance exponentielle, il est difficile de surestimer d'ignorer les enjeux opérationnels et industriels.


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Tags:
défense européenne


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